
Venez avec moi...
Suivez ce petit chemin entre les chênes où se trouve ma vigne bien à l'abri du mistral !
Laissez moi aiguiser mes ciseaux pour que les lames dures et tranchantes coupent au plus près sans te traumatiser toi ma vigne.
Un premier regard sur ce cep élégant, résistant et généreux : Tu as fourni mes plus beaux raisins concentrés par la chaleur et réduis par la sécheresse.
Tes racines profondes plongeant dans ce terroir de Lirac t'ont permis de retirer les éléments de vie et trouver un équilibre pour la maturité de tes fruits, et nourrir tes sarments.
Ta belle charpente, poussée lente, sculptée par le temps, dresse tes sarments vers le ciel, tes « bannes » penchent vers le sud, assénées par les coups de butoir du mistral, bienfaiteur pour tes feuilles et ton raisin mais laissant parfois des cicatrices à tes rameaux.
Nous voici en Février, en repos hivernal bien mérité. Ta sève réfugiée au plus profond de tes racines après le gel de janvier attend l'influence des cycles lunaires pour envahir ton corps.
Les premiers coups de ciseaux sélectionneront tes plus beaux sarments qui donneront des fruits répartis et peu gorgés de sucre. Pas trop longs pour ne pas t'épuiser, les mieux placés pour te redresser, bien nombreux pour que la sève les alimente.
Un taille stricte, précise, formatrice pour te laisser des cicatrices les moins traumatisantes tel un sculpteur qui travaille son oeuvre.
Tes sarments aux couleurs vives de ton cépage, ramassés comme pour prolonger ta vie, serviront à procréer, greffés de ton bois les plants de vigne assureront ta progéniture. Les plus faibles accompagneront nos soirées devant la cheminée où à la lumière du feu, ils égayeront les grillades et les châtaignes
Ainsi prend fin le cycle révélateur d'espoir pour ton admirateur, ton ami, ton maître qui attend tes prochaines grappes.
Poème écrit par Christian, producteur de Lirac