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Roquemaure a toujours vécu au rythme de sa production viticole grâce à son port sur le Rhône et à ses vins de grande qualité ...
Aujourd'hui, l'Appellation Lirac, fait partie des 13 crus des Côtes du Rhône et plus particulièrement des 5 crus méridionaux avec Tavel, Vacqueyras, Gigondas et Chateauneuf du Pape.
A la mi-février, pour la Saint Valentin, une fête de la Taille de la Vigne est organisée à Roquemaure.
(Photo: La remontée de bateaux sur le Rhône.
Tableau d'Alexandre Dubuisson de 1843) |
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Le Port de Roquemaure |
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 Depuis le 1er siècle après Jésus Christ, le territoire de Roquemaure est connu pour la qualité de son vin.
Sous l'ancien régime, les nécessités administratives firent partager les provinces en sénéchaussées et les sénéchaussées en vigueries.
Au sein de la sénéchaussée de Nîmes, la viguerie d'Uzès était divisée en deux secteurs :
- la viguerie haute dite des Cévennes
- et la viguerie basse, dite « la Côte du Rhône », dont Roquemaure était le chef lieu.
La Côte du Rhône comprenait les communes de Roquemaure, Montfaucon, Saint Géniès de Comolas, Saint Laurent des Arbres, Lirac, Tavel, Laudun, Codolet, Chusclan, Orsan, Pujaut et Sauveterre.
Ce terroir était connu depuis le 1er siècle après Jésus Christ, pour la qualité de son vin.
Roquemaure possédait de plus un port particulièrement bien placé sur la rive droite du Rhône et protégé par son château.
A l'époque des papes, à Avignon, ce port devint le plus important de la Côte du Rhône.
Pendant les mois de novembre-décembre-janvier, on pouvait trouver jusqu'à 2000 pièces de vin en attente dans le port pour être embarquées.
Au XVII et au XVIII Siècle, le commerce des vins faisait entrer dans le pays de 500.000 à 1 million de livres par an.
Toute une population de mariniers vivait sur les rives du Rhône. Cette batellerie comprenait près de 200 chevaux.
On peut imaginer aisément l'animation sur le port et dans la ville de Roquemaure.
(Photo issue des archives de Maxime Tardieu.
Plan établi par M Gautier, ingénieur des Ponts et Chaussées en 1711) |
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Les Vins de Roquemaure |
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 Très tôt, la communauté de Roquemaure et ses consuls, prirent des mesures pour assurer la qualité de leurs vins.
En 1657, il fut interdit l’entrée de tous les vins n'ayant pas été récoltés sur le territoire.
En 1731, la plantation et la culture de la vigne furent particulièrement réglementées.
Enfin, en août 1737, par décision du Conseil du Roi, il fut exigé que les futailles des vins de la Côte du Rhône soient authentifiés, par les lettres C.D.R gravées en lettres de feu sur un des fonds, avec le millésime et le lieu de la récolte.
Le mélange de vins fut même interdit à la fin du XIX ° siècle.
Pour l’ensemble de ces mesures, on peut donc considérer à juste titre:
- les consuls de Roquemaure, comme les « inventeurs » de l’appellation, en pratiquant une véritable politique d’appellation contrôlée bien avant la lettre
- la ville de Roquemaure, comme le berceau de l’appellation « Côtes du Rhône » actuelle.
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Les Tâches de Roquemaure |
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 L’oïdium maîtrisé, une incroyable ère de prospérité s’engagea pour les viticulteurs du pays, favorisée de plus par le développement des moyens de transports.
Joseph Antoine Borty, propriétaire et négociant en vin à Roquemaure, fit venir, par curiosité scientifique, des pieds de vigne du Nouveau Monde. Il souhaitait connaître leur tenue à l’Oïdium. Il les planta en 1862, dans l’enclos attenant à son habitation, au milieu même des vignes françaises.
Dès l’année suivante, une terrible maladie de la vigne, appelée initialement les « tâches de Roquemaure », apparut à Roquemaure et se développa très rapidement. Cette maladie détruisit à jamais les pieds de vigne.
Son développement fut très rapide sur le territoire de Roquemaure, en trois ans, 1/3 de la production des vins de Roquemaure fut anéantie.
Ruinée par cette catastrophe naturelle, une partie de la population quitta le pays.
En 15 ans, ce mal détruisit tout le vignoble du Midi de la France.
De nombreuses solutions furent envisagées pour combattre ce mal, mais aucune ne fut réellement satisfaisante.
Au fil des années, l’origine de cette maladie fut reliée à l’achat de plants américains, qui étaient porteurs de pucerons, appelés phylloxera.
Si ce puceron vivait sans effet néfaste sur le pied américain, il détruisait radicalement le pied français.
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Le Greffage |
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 C’est grâce à l‘expérience malheureuse de M Borty, qu’on pourra quelques années plus tard, mettre au point la solution définitive pour endiguer ce mal. Car certains pieds américains (comme les Clinton, Jacquez ou Hartford) plantés dans le Clos Borty, n’étaient pas touchés par cette maladie. Ils étaient même luxuriants en comparaison des vignes françaises, placées dans le même terrain.
La plantation de plants américains, greffés avec des cépages français de bonne qualité, allait sauver le vignoble français. Cette mise au point nécessita 15 années de tâtonnements et d’essais.
En 1902, le vignoble gardois est replanté sur des pieds américains.
Puis le 19 novembre 1937, par décret officiel, ces nouvelles vignes furent consacrées en créant l’Appellation d’Origine Contrôlée : Côtes du Rhône.
L’emploi du pluriel réunissait ainsi les villages des deux rives du Rhône et de 6 départements.
L’appellation Cru Lirac fut créée dix ans plus tard, le 14 octobre 1947, grâce au combat mené par le Comte Henri de Régis de Gatimel, pour faire reconnaître cette appellation.
Elle prie le nom du village central de cette région productrice regroupant les 4 communes : Lirac, Roquemaure, Saint Laurent des Arbres et Saint Géniés de Comolas.
Le Cru Lirac est depuis le plus ancien Cru des Côtes du Rhône à produire les 3 couleurs : Rouge, Rosé et Blanc.
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